je sais pas si c'est vraiment rassurant... 

Non, justement ce n'est pas rassurant.
Un jeune étudiant ou collégien est facilement influençable. Et ça a encore été le cas ici. Les syndicats étaient en situation de faiblesse face au patronat et au gouvernement. La gauche voyait d’un très mauvais œil l’arrivée de l’échéance de 2007. Alors, pour affaiblir le gouvernement, ils ont utilisé ce mouvement de révolte. Ils ont aidé les jeunes « liders » dans leurs actions, allant même jusqu’à en financer certaines.
Quand un jeune prend une initiative et qu’il voit que certains adultes l’encouragent à continuer, lui disent que ce qu’il fait est très bien, ce jeune a tendance à redoubler d’efforts dans la même voie. On l’a vu hier : certains demandent même à ce que les choses aillent plus loin et que le CNE saute lui aussi. D’autres, un peu plus lucides, commençaient à comprendre ce qui était entrain de se passer car la grande majorité de mouvements demandaient le retrait pur et simple de toute la loi sur l’égalité des chances et pas seulement du CPE. Maintenant, les syndicats ont retrouvé un peu de force face au patronat et la gauche est un peu plus revigorée face au gouvernement. Ce sont eux les vrais vainqueurs. Sans oublier les « liders » étudiants qui se sont forgé une image. Nul doute qu’on les reverra bientôt sur la scène politique ou à de hauts postes dans quelques sociétés bien placées. (ça ne vous rappelle pas les liders de mai 68 ?)
Les grands perdants ? Les étudiants. Ils ont perdu beaucoup de temps condamnant ainsi leur semestre. Les promotions 2006 seront des promotions au rabais. Il sera pour ainsi dire impossible de rattraper tout ce retard. Les collégiens qui passent leur bac n’ont plus qu’un mois et demi de cours, ceux-ci prenant fin début juin pour laisser place aux examens. C’est également valable pour les étudiants en BTS. Pour les autres, on parle de repousser les examens. Pourquoi pas. Mais ceux qui ont besoin de travailler pour continuer leurs études et qui avaient prévu de travailler pendant leurs vacances ? Plus de travail, plus de sous, plus d’études.
Pour compenser donc ce retard pris dans les programmes, les correcteurs auront pour consigne d’être plus cléments. N’oublions pas que l’objectif des différents gouvernements a toujours été 70% de taux de réussite.
Paradoxalement, les jeunes voyaient une précarité de deux ans pour eux. Pourtant, ceux qui avaient de quoi avoir peur étaient les 27-28 ans.
En effet, si je suis patron et que je cherche quelqu’un pour ma boîte, lequel des deux vais-je prendre ? Celui qui a 25 ou 26 ans que, s’il ne fait pas l’affaire, je peux remplacer assez facilement ? Ou bien celui qui a 27-28 ans que, s’il ne convient pas, je ne peux pas remplacer aussi facilement ?
De plus, si j’ai formé quelqu’un à un poste et qu’il travaille bien, où se trouve l’intérêt de le virer si je peux financièrement le garder ? Je vous rassure, les petits patrons véreux qui considèrent leurs employés comme de simples outils avaient, ont et auront toujours les moyens de faire sans le CPE. Pourquoi l’intérim ne s’est jamais aussi bien portée ? Certains diront depuis ce matin qu’il n’y a jamais eu autant de smicards. N’a-t-on jamais eu autant besoin d’emplois de service dans notre pays ? A-t-on fait quelque chose ces dernières années pour les valoriser ? RIEN ! Ces aide-ménagères qui font un travail remarquable relevant plus du sacerdoce que de l’emploi à domicile et qui permettent à beaucoup de nos anciens de vivre chez eux, ont-elle un autre salaire que le Smic ? leur travail est-il reconnu à sa juste valeur ? NON !
Viennent ensuite, ces jeunes adultes qui ne trouvent pas de travail. Une statistique : 1/3 des étudiants en première année de fac sont en Psychologie !!!!!!
Il y a tant de débouchés que ça en psycho ? Bien sur que non. Juste que, pour beaucoup d’étudiants, ça fait « fun » et « classe » de dire « je suis en pycho ». Quand j’ai entendu ça dimanche matin à la radio de la part d’un prof de sociologie, je me suis dit que ça ne pouvait pas être faux.
A-t-on déjà pensé à mettre en place un observatoire de l’emploi (pour une fois que je suis pour un observatoire ^^) qui serait en mesure de prédire les emplois dont notre société aurait besoin dans les 10 ans à venir ? NON ! Ce serait pourtant un super outils pour nos jeune qui auraient ainsi une véritable vision des futurs débouchés. Mais rien. Non seulement on n’en parle pas mais on ne propose pas non plus.
Quand je regardais les reportages ou lisait des interventions sur des forums du net, je rigolais bien et était inquiet. Pas inquiet pour le passage du CPE, mais inquiet pour notre belle jeunesse qui va très vite déchanter en arrivant dans la vie active.
« Nous ne pourrons pas faire de crédit, acheter une voiture ou une maison, nous installer » et bien d’autres phrases mais celle-ci résume assez bien la situation.
Faire des crédits à 25 ans ? Elle commence bien la vie.
Acheter une voiture ? Donc faire un crédit pour en acheter un neuve voir récente ? Idem que pour la première question.
Acheter une maison ? Mais là c’est du rêve éveillé !!!!!
S’installer ? Vu le coût de la location et les garanties demandées par les bailleurs, ce n’est pas au début d’un premier emploi qu’on peut tout de suite louer un 2 ou 3 pièces.
La barrière des 26 ans n’avait pas été fixée par pur hasard : c’est pilepoil l’âge moyen auquel les enfants quittent le foyer parental.
Pour finir, tout ce que je constate c’est que nous sommes une société de doux rêveurs socialement assistés jouant la fable des 3 singes. Pas que je veuille d’une société à l’anglo-saxonne où c’est « marche ou crève » !! Juste que je souhaiterai qu’on trouve un juste milieu et que notre société redevienne une société de battants !
Serais-je devenu moi-même un doux rêveur ?